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Walter Pfeiffer

1946
Le nom de Walter Pfeiffer résonne aujourd’hui pour ses images, mais il ne s’est jamais lui-même considéré comme un photographe. Tout d’abord peintre, graphiste et décorateur de vitrines pour un grand magasin zurichois, Pfeiffer acquiert son premier appareil Polaroïd en 1971 pour perfectionner sa pratique picturale hyperréaliste.

Conquis par la rapidité d’action du médium, il se met à photographier frénétiquement son entourage dans le milieu underground zurichois des années 1970 et 1980. Marqué par le Pop Art et la figure d’Andy Warhol, Pfeiffer multiplie les clichés des nombreux visiteurs de sa « Factory » zurichoise, installée dans une villa délabrée entre 1974 et 1976, et fait figurer son entourage dans une performance (Inventar, 1977). C’est à cette période que sa carrière artistique prend un nouveau tournant. Jean-Christophe Ammann, alors directeur du Kunstmuseum de Lucerne, l’invite en 1974 à participer à l’exposition Transformer : Aspects of Travesty, pour laquelle il présentera sa première série de portraits en noir et blanc du jeune modèle transsexuel Carlo Jo.

Sans chercher la perfection technique, Pfeiffer développe dès ses débuts une approche dilettante mais déterminée et photographie au flash du fait d’un tremblement à la main gauche. Captivé par la beauté du corps masculin, il concentre son attention sur la jeunesse en quête d’identité. Si le fil conducteur de son œuvre photographique s’inscrit dans une recherche constante du beau, ses clichés s’accompagnent souvent d’humour, de kitsch et de glamour, mais aussi de nudité. En fixant l’objectif et en posant de manière suggestive, les modèles de Pfeiffer exhibent une sensualité qui lui valut d’abord les réticences du milieu de la photographie commerciale et artistique. Du portrait aux natures mortes, Pfeiffer mélange habillement les genres et recourt à divers accessoires au sein de mises en scène où l’ordinaire et la fantaisie se figent dans une ambiance souvent joyeuse et débridée.

Après une période consacrée principalement au dessin, dans les années 1990, Pfeiffer replace la photographie au centre de son travail en publiant Welcome Aboard en 2001. Une exposition lui est dédiée au Centre culturel de Paris (2004), suivie d’une rétrospective au Fotomuseum de Winterthur en 2008 (In Love With Beauty). Son œuvre photographique est alors découverte par une nouvelle génération et l’artiste se voit sollicité pour de nombreuses collaborations éditoriales (Vogue, i-D, Dazed & Confused). Ses images sans prétention font de lui un précurseur et ont inspiré de nombreux photographes tels que Juergen Teller ou encore Wolfgang Tillmans.

Walter Pfeiffer est né en 1946 à Beggingen dans le canton de Schaffhouse. Il vit et travaille à Zurich.